Directeur Sportif : la gestion des parents… Version personnelle!

Ayant l’immense chance de tapiner devant l’école pour ma trilogie de filles matin ET soir, je voyais l’exercice assez simple. A mon sens, il suffisait de scinder « le parent » en 3 catégories:

  • Parent objectif sur sa progéniture (il est assez rare pour tout vous dire),
  • Parent passionné, qui ne devrait pas forcément l’être (tous concernés),
  • Parent dans le déni complet (je vais essayer de rester très soft concernant cette catégorie, j’arrive à 50 likes sur Insta, je ne voudrais rien compromettre).

Ce que je n’ai pas vu venir: c’est le parent totalement exacerbé par la « pseudo » ou « réelle » réussite sportive de son enfant, le parent sur-investi ne fait pas la différence, c’est un peu le souci. Sa progéniture enfant EST le Nadal de demain. Un signe certain : mamie lui a offert une raquette Babolat.

Donc, dans le sport, « le parent » se scinde plutôt en 4 catégories. Il faut tout décaler d’un rang minimum et ajouter : Parent qui perd totalement le peu de bon sens qui lui restait. Alors, effectivement, certains arrivent à rester objectifs, mais ils sont vraiment, vraiment très rares.

J’en avais entendu parler. Le Saint réseau social FB avait publié sur mon mur des messages « forts » type :  Parents, n’oubliez pas, ce n’est qu’un jeu… Petite vidéo larmoyante pour appuyer l’ensemble…

Mais force est de constater que non, ce n’est pas qu’un jeu, c’est un combat, c’est un match. Mais pas que pour les enfants qui s’affrontent avec passion et désir de vaincre. Il l’est aussi pour les parents, assis sur leurs chaises marmonnant plus ou moins dans leur barbe, se basculant frénétiquement d’avant en arrière: ALLEZ BONHOMME, ALLEZ LACHE RIEN!!!  L’ensemble accompagné de gestes impulsifs plus ou moins gracieux, souvent moins que plus.

J’ai même entendu un superbe : « Et làààààà, ta mère avec son p***** de couscous, voilà le résultat, bouge-toi mollusque »…

Ma grande surprise ne relève pas de ces comportements. Je n’ai aucune honte a vous avouer que, lorsque mon aînée sera championne Olympique de CSO, la seconde de tennis et la troisième Chirurgien cardio-vasculaire, je serai une mère accomplie autant que modeste, ou pas… Ce qui me rend perplexe, sérieusement, c’est de constater que dans le sport et, contrairement à l’école, ce sont les papas qui attisent le plus le match, les mamans étant plus pushing sur le mode d’entraînement.

De ma rédaction, vous comprendrez que le vrai directeur sportif est nettement plus flegmatique et posé que moi en la matière. Mais je pense sincèrement que même avec une dizaine d’années d’expérience, c’est clairement cet aspect du métier (et le fait que je ne sache toujours pas jouer au tennis) qui démontre que je n’ai pas les qualités requises pour assurer cette fonction. En effet, je l’avoue, je manque totalement de patience en règle générale et pour la gestion des désidératas des parents en particulier.

Pour vous illustrer l’ensemble, lorsque la personne qui a la vocation du job dira à un parent : « Laissez à Paul le temps, cela pourra être plus laborieux mais il a le sens du travail, il est dans l’effort. Il faut juste lui laisser une marge de progression, on refait un point dans 2 mois. »

Moi je dirai: « M**** maintenant, on va pas se mentir, votre fils c’est le H de Hawaï , il ne sert à rien, c’est une brèle en tennis. Le Hand, vous avez pensé au Hand???? Non, parce que c’est bien le Hand! En plus c’est pas des mains qu’il a, ce sont des palmes! »

Maladroitement, très certainement, j’ai tenté de mettre en avant la vraie délicatesse de ce métier, ce qui le différencie finalement. Parce que oui, il faut être bon et passionné par le jeu. Oui, il faut avoir envie de transmettre le bon geste, et ce, en étant très pédagogue. Et il ne faut pas compter ses heures (très souvent bénévolement) mais surtout: il faut avoir l’intelligence de passer au dessus de son égo pour valoriser un jeune sans tenir compte de ses parents. C’est un exercice difficile, j’en suis incapable.

Alors merci Guillaume Bousquet pour ton enthousiasme ta patience et la passion que tu voues à ton métier, pour m’avoir laissé rédiger ces articles librement. J’ai beaucoup appris. #passiontennis.

Si la formation de directeur sportif vous tente, allez visiter cette page:

http://www.trans-faire.fr

PS: aucune copine prénommée Véronique n’a été réellement maltraitée à coup de raquette sur le shooting photo.

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